Suite aux élections provinciales, Jean Lesage et les libéraux forment le gouvernement du Québec et ce suite à une éclatante victoire sur le parti de feu Maurice Duplessis l'Union Nationale. C'était le début de la ''Révolution tranquille'' au Québec. La période de la grande noirceur et de l'obscurantisme de l'époque du ''Duplessisme'' était chose du passé.
L'accès à la syndicalisation pour les employés-es du secteur public québécois était maintenant chose plus réalisable. À la Commission des Ecoles Catholiques de Montréal, le patronage, le népotisme et l'arbitraire patronal règnent en maître. Aussi, pour contrer ces belles vertus de l'époque et pour se donner des conditions de travail décentes, les employés du groupe de l'entretien décident de se prendre en main et tentent de s'organiser en syndicat.
Au printemps 1961, avec l'aide de Jean Robert Gauthier et de Robert Sauvé de la CSN, un petit groupe d'employés procède à la signature de cartes de membre auprès de leurs camarades de travail. Ils réussissent à obtenir la très grande majorité des signatures parmis le groupe d'employés concernés. Rendons hommage à ce petit groupe de pionniers qui étaient :
Raymond Belzile menuisier
Roger Garand conducteur de véhicules lourds
Lionel Malo électricien
Maurice Plourde briqueteur
Renaud Proulx menuisier
Le 4 mai 1961, se tient à l'école Cherrier (sise au 811 rue Cherrier, Montréal) l'assemblée de fondation du Syndicat. Cette assemblée accepte tous les membres qui ont signés leur carte d'adhésion syndicale. L'assemblée adopte une résolution pour déposer à la Commission des Relations Ouvrières de la Province de Québec une requête en accréditation pour que le Syndicat représente tous les employés payés à l'heure des services d'entretien à l'emploi de la CECM à l'exception des concierges.
De plus, le premier comité exécutif est élu à cette occasion : Georges St-Louis, menuisier chef d'équipe au mobilier, est élu premier président du Syndicat. Par la suite, toujours à cette même assemblée, les membres votent pour s'affilier à la Confédération des Syndicats Nationaux , la CSN. Le 13 juillet 1961, le Syndicat est accrédité officiellement pour représenter le personnel d'entretien à l'emploi de la CECM et le 5 février 1962, la première convention collective de travail est signée entre la CECM et le Syndicat.
En 1979, le Syndicat procède à la syndicalisation de l'un des derniers ''Bastions'' de l'arbitraire patronal à la CECM soit le ''Service de la Nutrition'' duquel relève le personnel travaillant dans les cafétérias.
________________________________________
Durant 20 jours ouvrables, Pierre Mercille de la CSN ainsi que Gilbert Pellerin, Fernand Lévesque et Camil Belisle, tous officiers du syndicat, procèdent à la signature de cartes de membre auprès des employés-es concernés. Sur une possibilité de 350 signatures de cartes, le Syndicat en avait obtenu 335 et ce, incluant les responsables de cuisines et cafétérias.
Le 17 octobre 1979, le Syndicat reçoit l'accréditation pour représenter les employés-es de cafétérias à l'emploi de la CECM et ce, à l'exclusion des personnes responsables de cuisines et de cafétérias qui depuis ont été intégré pour la majorité d'entre elle dans notre accréditation.
Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis la fondation du syndicat, pensons à l'intégration des négociations au niveau provincial ce qui a permis au mouvement syndical d'améliorer de façon marquante les conditions de travail des travailleuses et travailleurs du réseau du secteur public et ce, par l'unité et la détermination de ceux -ci. Il ne faut jamais oublier que les acquis actuels ont été obtenus à force de lutte et de volonté certaine à se faire respecter par l’employeur.
Depuis plus de 48 ans, un grand nombre de personnes militantes ont occupé sur de courtes ou de longues périodes, différents rôles au sein du syndicat, chacun avec des idées ou des opinions qui pouvaient différer, mais tous avaient le même objectif soit l'amélioration des conditions de travail et de vie de l'ensemble des membresreprésentés, ce qui a toujours fait la fierté de notre syndicat.
Nous ne pouvons passer sous silence les personnes qui ont exercé la charge de la présidence, charge qui demande de longues heures de militantisme et surtout un doigté à diriger et à chercher le plus large consensus possible auprès des personnes officières du syndicat , le tout dans l'intérêt des membres.
Lee personnes Présidentes du Syndicat de ses débuts à ce jour :
Georges St-Louis -menuisier 1961-1962
Philippe Panneton -journalier sableur 1962-1965
Maurice Plourde -briqueteur 1965-1976
Roger Lavigne -électricien 1976-1977
Camil Belisle -aide concierge 1977-1993
Bertrand Turcotte -électricien 1993-1996
Camil Belisle -aide concierge 1996-2003
Yvon Godin -cond.véhicules lourds 2003-2010
Normand Viau-cond.véhicules lourds 2010-2015
Rémi Desrosiers - soudeur 2015 -
Nous tenons à remercier tous les membres qui ont exercé des responsabilités syndicales au sein du syndicat et ce depuis ses débuts en 1961 et plus particulièrement les longues années de militantisme des personnes officières suivantes :
Roger Garand président du Comité de Griefs durant 25 ans
cond. véh. lourds et vice-président du Syndicat durant 22 ans
André Therrien vice- président du Syndicat durant 20 ans
cond. véh. lourds
Rolland Charpentier vice président du Syndicat durant 15 ans
aide concierge
François Lanctôt trésorier du Syndicat durant 20 ans
cond. véh. lourds
Roland Favreau secrétaire du Syndicat durant 18 ans
aide concierge
Pierre Nolet, 1er vice-président pendant 13 ans , Peintre
En terminant, nous tenons à vous mentionner que les travailleurs et les travailleuses ont toujours été sensibilisés à la condition sociale et ont toujours aussi été conscients de la valeur de leur force de travail qu'ils procurent à l'employeur, et ce, moyennant des conditions de travail et de vie décentes et d'une rémunération adéquate.
Nous soumettons à votre réflexion ces quelques mots de Mirabeau (économiste français du 18e siècle) qui s'adressant à son souverain le roi de France, lui disait ceci :
''Sire, n'irritez pas ce peuple qui produit tout et qui, pour être formidable, n'aurait qu'à être immobile''